| Novembre 2009 | ||||||||||
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Bon bien on va tenter d'affronter la terrible épreuve de la page blanche. C'est toujours le début le plus difficile, puis ensuite les mots viennent tout seul… Ils viennent parfois même trop vite… du coup la pensée débloque.
La pluie frappe les carreaux de sa fenêtre du troisième, éclairée comme tous les soirs par une enseigne de tabac, lieu sordide où il loge. Une chambre ne lui offrant qu'une ouverture sur des paupières closes, un mur sans fenêtre. Il s'échappe de son lit, attrape un paquet de clopes et son briquet et va en allumer une. Il tente de fuir, il s'approche de la baie comme appelé par cette insidieuse vision. Elle se dessine, elle se devine sous cette averse illuminée du rouge clignotant, la faisant tant tôt paraître et l'instant suivant l'ayant fait s'évanouir… Il a le secret espoir d'un jour la saisir. De son visage opalin vide d'expression elle le fixe de son regard vide, elle ne le regarde pas, elle ne le voit pas. Elle semble n'avoir aucune crainte… La sentant ainsi si proche, entendant dans son fond intérieur sa voix douce et mélancolique, il ouvre le panneau vitré et va pour l'attraper… Finissant sa clope il l'écrase contre la rambarde trempée… Refermant la fenêtre, troublante vision dans son nid chaud, une autre se pâmant de toutes ses disgrâces. Curieuse réalité, encore chaude par l'extase, elle offre son corps de nouveau, son regard le suppliant de revenir la rejoindre. Elle sollicite ses baisers, elle désire son corps brutalement contre le sien. Sans dire un mot, il la touche, l'effleure, elle soupire. Le temps d'un oubli, la jouissance ne tarde pas dans des contrations communes... Les deux corps s'effondrent et se confondent en un enlacement de chaire chaude s'évanouissant dans le plaisir.